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Interview de Gilles Talec - Promotion 1985

Interview

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12/01/2015


Il obtient son diplôme en 1985 et 15 ans plus tard devient le premier Français à la tête de British Airways France. Aujourd’hui, Gilles Talec poursuit l’aventure dans le secteur des voyages en tant qu’Executive Vice President International chez Voyage Privé, basé à Aix-en-Provence. Au cours d’un déplacement professionnel parisien, il nous rend visite au sein du Campus Cluster. L’occasion pour lui de découvrir les nouveaux locaux de l’ESG MS et de répondre à nos questions.
 


ESG MS Alumni : Le nouveau Campus te plaît-il ?
 
Gilles : Énormément ! Cela fait à peu près 30 ans que j’ai quitté les murs de l’ESG, rue Saint-Ambroise. Par ailleurs, ma promotion a connu les deux précédents sites de l’École : celui du 15e arrondissement avenue Felix Faure et, durant la dernière année, celui de la rue Saint-Ambroise. J’ai toujours essayé de suivre l’actualité de l’ESG Management School. Il y a quelques années, j’ai participé aux réunions du Conseil de Perfectionnement de l’École. Aujourd’hui, cette visite du nouveau Campus me ravit et confirme ma vision de l’évolution de mon École. 
 

Peux-tu nous décrire ton parcours professionnel ?

Après mon diplôme et mon service militaire, j’ai tout de suite commencé à travailler. J’ai surtout voulu faire du commercial, de la vente. Le secteur m’importait peu et l’aérien est venu par hasard, avec un poste de commercial au sein d’une petite compagnie aérienne, TAT. À l’époque, TAT desservait de petites lignes en complément d’Air Inter (aujourd’hui Air France).

Commercial pour le secteur de Lyon, je suis assez rapidement devenu directeur régional Rhône-Alpes. Avec une petite équipe de commerciaux, nous développions des lignes au départ de Lyon, de Chambéry, d’Annecy…  Au bout de deux ans et demi, j’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour. On m’a alors proposé de partir à Toulouse pour développer TAT dans la région Sud-Ouest, en tant que directeur régional. J’ai passé à peu près sept ans chez TAT. En 1994, TAT a été racheté par British Airways. Je me disais alors que les Britanniques souhaiteraient sans doute remplacer les dirigeants français par les gens de chez eux. Or, non seulement ils m’ont nommé directeur régional Sud-Ouest, mais deux ans plus tard, ils m’ont proposé de venir à Paris pour prendre les fonctions de directeur des ventes. Ensuite, je suis devenu directeur commercial et enfin, directeur général.


De commercial dans une petite compagnie régionale à la direction générale de la première compagnie aérienne au monde à l’époque. C’est un début de carrière assez impressionnant…

Mon expérience chez British Airways se résume à huit merveilleuses années de découverte d’un véritable métier et d’une véritable passion, en prenant des responsabilités de plus en plus grandes. En 2000 on m’a confié aussi la Belgique et le Luxembourg, ce qui représentait des équipes de 550 personnes.
Septembre 2001 est passé par là, avec la crise de l’aérien et des restructurations importantes au sein de la compagnie. J’allais avoir 40 ans et j’avais travaillé durement pendant 15 ans ; j’avais besoin de faire un break et de réfléchir sur la suite de ma carrière. Une de mes connaissances m’a proposé de rejoindre lastminute.com, où je ne suis pas resté longtemps, mais où j’ai rencontré Denis Philipon, fondateur de Voyage Privé.
Un an plus tard, j’ai été approché pour revenir dans l’aérien. J’ai accepté, après quelques hésitations, le poste de directeur général pour la France d’United Airlines. Finalement, je suis resté sept ans au sein de cette compagnie fantastique, où j’ai vécu une histoire parallèle à celle de British Airways, d’autant plus que je me suis vu confier également la Belgique et le Luxembourg.

 
« Mon expérience chez British Airways se résume à huit merveilleuses années de découverte d’un véritable métier et d’une véritable passion... »
 
 
Comment ton aventure avec Voyage Privé a-t-elle commencé ?

C’est avant tout la rencontre avec Denis Philipon qui m’a attiré dans le groupe en 2010. J’avais envie d’entreprendre, l’internet me plaisait beaucoup et j’ai été séduit par l’opportunité de travailler aux Etats-Unis. Voyage Privé était déjà implanté en France, en Grande-Bretagne, en Espagne et en Italie. Nous sommes partis avec Denis en Californie, en nous disant qu’il y aurait des opportunités.
 
Et vous ne vous êtes pas trompés…

Nous n’y sommes restés que deux ans. Après avoir compris que cela prendrait trop de temps pour atteindre la rentabilité, je suis rentré en France, en 2012. Depuis, je m’occupe du développement international de Voyage Privé en Europe, et en ce moment particulièrement en Espagne, en Italie et en Pologne. Le groupe est aussi présent en Grande-Bretagne et au Brésil.


Le succès de Voyage Privé est-il lié à la révolution du transport aérien et du tourisme liée à l'arrivée des compagnies low cost ?

Certes le secteur aérien et le voyage d’une manière générale ont été complètement bouleversés par l’arrivée des « low cost », mais le succès de Voyage Privé n’y est pas directement lié. Voyage Privé a créé un business model qui n’existait pas dans le voyage : les ventes privées de voyage et ensuite a su garantir une parfaite exécution de ce business model en France et dans les pays dans lesquels nous sommes présents.

 
« Voyage Privé a créé un business model qui n'existait pas dans le voyage »
 

Quelle est ta destination préférée ou rêvée ?

La Californie est ma destination préférée. J’adore cette région des Etats-Unis. J’y ai vécu, donc elle est particulièrement chère à mon cœur. J’ai beaucoup voyagé dans le monde entier, mais il y a encore des endroits où je ne suis pas allé et qui me font rêver, comme le Pérou. Ce pays me paraît fascinant, avec une histoire très riche, les Incas… J’ai d’ailleurs des amis là-bas qui nous ont invités, ma femme et moi. Mais nous n’y sommes encore jamais allés.
Vous attendez une promotion sur Voyage Privé pour vous y rendre ?
Peut-être (sourire). C’est vrai qu’il s’agit d’une destination que nous n’avons pas encore assez développée.
 

Arrivé dans l’aérien par hasard, tu n’as jamais vraiment quitté le monde des voyages. Ce secteur est-il réellement plaisant, comme on l’imagine souvent ?

Ce secteur me plaît énormément. Le monde des voyages est un monde passionnant, qui offre une multitude d’opportunités de voyager et de découvrir d’autres pays, d’autres cultures… Ceci dit, il s’agit d’un véritable secteur avec sa complexité, son exigence, etc…


Quelles qualités t’ont permis d’évoluer sur les postes de développement commercial et de management ?

Il est difficile de parler de ses propres qualités. Je pense que l’énergie, l’envie, la passion, la rigueur, la volonté d’y arriver sont indispensables pour réussir. Tout au long de mon parcours, on a cru en moi. Mes patrons ont toujours pensé que je pouvais aller plus loin.

 
 
As-tu rencontré des difficultés en tant que directeur français des équipes anglaises de British Airways ?

Pour répondre à cette question, je dois revenir à ma scolarité et avouer que je n’ai jamais été très doué pour les langues étrangères. Lorsque j’ai intégré les équipes de British Airways, je parlais à peine anglais. Je n’oublierai jamais ma première conférence téléphonique avec Londres. J’avais peur de ne rien comprendre. En effet, j’ai dû comprendre 10 % de ce qui a été dit. La suite s’annonçait quelque peu compliqué, d’autant plus qu’une fois à Paris, les interactions avec les équipes londoniennes allaient devenir quotidiennes. Et puis un jour, le directeur général de l’époque, John Story, m’a dit : « Gilles, tu ne parles pas beaucoup, tu ne dis pas grand-chose, mais tout ce que tu dis, tu le dis clairement. À partir de là, tu pourras progresser ». Il m’a donc encouragé, en faisant d’un handicap un avantage. Aujourd’hui, je passe d’une langue à l’autre sans m’en rendre compte.

Pour conclure, je pense qu’à l’Ecole il faut s’intéresser à toutes les matières, même celles qui ne nous passionnent pas. Cela peut toujours servir.


As-tu gardé un souvenir d’un professeur ou d’un cours qui t’ont particulièrement marqué à l’ESG ?

Je me souviens d’un professeur de ressources humaines, Monsieur Legros. Ces cours étaient extraordinaires. J’en ai gardé les notes. Je ne m’orientais pas vers les RH et je ne pensais pas en avoir besoin dans ma carrière. Les lois, les règlements changent, mais les principes restent les mêmes. C’est à l’ESG, grâce à ce prof, que j’ai appris la structure du Code du travail et des conventions collectives.
Je me rappelle aussi d’un professeur de marketing, qui était directeur marketing du magasin Franck et Fils. Il était passionnant. C’est lui qui m’a appris comment faire du business, monter sa marque, dynamiser un produit. Il nous a fait faire une étude de cas dont je me rappelle bien : on devait choisir un produit quelconque et étudier la problématique de marque liée à ce type de produit. Notre groupe a choisi l’eau, produit qui est très neutre en soi, mais pour lequel le marketing a une vraie importance. Accompagnés par ce prof, nous avons mené cette étude, en partant de la théorie jusqu’à pouvoir rencontrer des responsables marketing des grandes marques telles que Volvic, Vittel ou Evian.


Quels sont tes conseils pour nos étudiants ?

Profitez de votre présence à l’École pour explorer toutes les sources possibles du développement personnel. Il y a plein de façons de s’enrichir, par exemple en échangeant directement avec les professeurs et les intervenants ou en s’impliquant dans la vie associative.


As-tu des souvenirs particuliers de la vie associative de l’époque ?

Je me rappelle très bien de la Junior entreprise, qui m’a permis de faire plein de choses. A cette époque, la numérotation téléphonique en France changeait. On a ajouté des chiffres aux numéros et toutes les entreprises et commerces devaient changer le fameux tampon encreur. Avec la Junior Entreprise, nous avons décroché un contrat pour démarcher tous les commerces. J’ai fait des rues entières, des villes entières pour aller vendre des tampons encreurs aux pharmaciens, aux bouchers etc. J’ai alors appris à vendre, à défendre un produit, à travailler en équipe et à écouter un patron.
Tu as bien vendu ?
J’ai très bien vendu. J’ai fait d’excellents scores et j’ai gagné pas mal d’argent pour m’aider à vivre en tant qu’étudiant. 

Un autre exemple me vient à l’esprit. La ville de Paris, qui devait être sélectionnée pour un grand événement sportif, menait des études pour mesurer le trafic routier dans la capitale. La Junior entreprise a gagné un contrat pour compter les voitures dans les rues. Nous étions toute une bande d’étudiants : équipés de compteurs, nous devions enregistrer les débuts des plaques d’immatriculation, rue par rue, quartier par quartier, qu’il fasse beau ou qu’il pleuve !
Cette expérience m’a notamment appris qu’il faut être consciencieux à chaque étape de projet. Et à titre de curiosité, dans les années 1980, Paris était déjà saturée !


Que penses-tu de l’importance du réseau de l’École dans la vie professionnelle ?

Le réseau est capital et doit se construire naturellement, sans forcer, sur la base d’une solide confiance. Le réseau de l’Ecole s’avère souvent utile pour trouver de futurs collaborateurs. Certes, il ne suffit pas d’avoir le même diplôme, mais il est rassurant de connaître la qualité des enseignements, de savoir que l’on partage les mêmes valeurs. Un jeune diplômé de l’ESG MS, Marc, a fait son stage de fin d’études chez nous, à Aix-en-Provence. Nous l’avons envoyé à Londres pour 6 mois. Il est ensuite revenu travailler à Aix et se débrouille très bien.

 
« Certes, il ne suffit pas d’avoir le même diplôme, mais il est rassurant de connaître la qualité des enseignements, de savoir que l’on partage les mêmes valeurs »

 
Te souviens-tu de la raison pour laquelle tu as intégré l’ESG MS ?

Je viens d’une famille bretonne. Nous étions cinq garçons qui avons tous voulu faire des études supérieures, dont mes parents ont dû supporter les coûts. Mes frères ont étudié majoritairement en Bretagne. Quant à moi, j’ai voulu partir à Paris, qui représentait une ouverture sur le monde. J’ai passé plusieurs concours et j’ai choisi l’ESG pour son emplacement au cœur de la capitale.

Sans regret ?
D’une manière générale, je ne regrette rien dans mes choix professionnels.


Comment vois-tu ton avenir professionnel ?

J’ai 50 ans et pas mal d’énergie. J’ai envie de continuer à m’investir dans le travail. Il y a encore plein de choses à développer au sein de notre groupe, qui se porte bien. J’ai la volonté de consolider la partie européenne. Je ressens également un besoin de transmettre le savoir, de former les gens. J’ai envie de continuer à m’amuser. Car je ne peux pas considérer le travail sans m’amuser.
 

 

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