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Interview de Léa Chaussée - Promotion 2011

Interview

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15/07/2014


 
Léa CHAUSSÉE est Responsable Ressources Humaines International au sein du Groupe Bel, numéro 3 mondial des fromages de marque (La Vache qui rit®, Mini Babybel®). Léa nous reçoit dans le siège parisien du Groupe, boulevard Malesherbes, et nous confie, entre autres, sa récente nomination au poste de Talent Manager à Chicago.

ESG MS Alumni : Peux-tu nous décrire ton parcours professionnel ?
 
Léa : Mon parcours professionnel se résume presque à mes expériences chez Bel, car j’ai eu la chance d’y être embauchée à l’issue de mon stage de fin d’études, effectué en alternance. J’ai signé un CDI avant mes derniers examens de fin d’études. J’ai été embauchée comme Responsable Ressources Humaines Junior pour l’Europe de l’Ouest, pour accompagner le Directeur RH de cette zone dans ses activités. Les principales fonctions de mon premier poste étaient la gestion RH opérationnelle d’une population dédiée. Au départ, il s’agissait de non cadres : techniciens, agents de maîtrise et employés. Peu à peu, j’ai commencé à recruter des jeunes diplômés, des cadres, des managers, principalement pour les équipes Supply Chain et Finance. Je m’occupais également de la coordination des politiques RH et de la communication entre le siège et les HR Managers de la zone Europe de l’Ouest, qui couvrait à l’époque une douzaine de pays.
Chez Bel, qui est une entreprise familiale, les réorganisations sont assez fréquentes. D’un point de vue RH, c’est aussi une chance : nous avons beaucoup d’opportunités de mobilité interne. Le revers de la médaille, c’est que les décisions peuvent être prises et implémentées assez rapidement, ce qui génère beaucoup de changements rapides, que l’on ne peut pas toujours anticiper. Suite à une réorganisation au niveau Groupe, mon supérieur direct a été nommé DRH International et m’a proposé de le suivre. Ainsi, depuis mai 2013, j’occupe le poste de Responsable RH International. Mon nouveau périmètre est plus large et couvre notamment les fonctions marketing, avec la Direction Marketing Groupe, qui représente une soixantaine de personnes. Concernant les aspects de coordination des politiques RH, il s’agit d’accompagner les opérationnels à l’international dans l’application des décisions, des politiques et des projets définis au niveau central. Aujourd’hui, les produits Bel sont distribués dans 120 pays et le Groupe compte 33 sites à l’étranger. Comme vous pouvez l’imaginer, il existe un décalage entre ce qui se décide en réunion à Paris, boulevard Malesherbes, et ce qui peut se passer dans l’usine de Kolea, en Algérie, par exemple. Il faut donc mener u
ne réflexion sur la manière dont les décisions et les projets doivent être appliqués à l’international. Depuis un an, je travaille, entre autres, sur un grand projet de système d’information RH, que nous avons appelé « Smile » - on aime bien ça chez Bel ! Il s’agit en effet de regrouper tous nos systèmes d’information RH en un seul outil. Mon rôle est de participer à la définition des nouveaux process, de former et d’accompagner les utilisateurs dans les pays dans la compréhension des arbitrages et des changements.
 

Quelles sont tes perspectives professionnelles ? Souhaites-tu continuer à évoluer au sein du Groupe Bel ?
 
J’adore ma boîte et je n’ai absolument pas l’intention de partir tout de suite. J’ai eu l’opportunité d’évoluer assez rapidement et il n’y a pas de raison que cela s’arrête. D’ailleurs, je peux vous confier qu’en septembre prochain, je pars pour Chicago pour prendre un poste de Talent Manager sur la zone Amériques & Asie Pacifique, ce qui constitue pour moi une très belle opportunité professionnelle.

Quelles sont les qualités qui te permettent de réussir dans le domaine des RH ?

Pour être un bon responsable RH, il faut avoir beaucoup d’empathie et savoir écouter. Il faut aussi avoir des valeurs et savoir les défendre. Un exemple très simple : tous les jours, il y a des mouvements au sein des équipes : congés maternité, démissions, etc. Il faut alors décider si l’on diffuse l’offre en interne, pour donner des opportunités à des collaborateurs de Bel, ou si l’offre doit être publiée en externe, pour attirer des candidats qui auront peut-être exactement le profil recherché. Dans ces situations, je suis confrontée à des managers qui me disent : « Je n’ai pas le temps… Je ne veux pas prendre de risques… Publions vite à l’externe. ». Il faut être capable de dire « non », pour défendre notre modèle et privilégier nos propres collaborateurs, qui nous font confiance pour la gestion de leurs carrières et qui ont du potentiel. Être un bon RH, c’est donc essayer d’être proche des collaborateurs, mais aussi des managers, qui sont nos clients internes, pour bien comprendre les besoins des uns et des autres.

Dans les politiques RH de Bel, y-a-t-il une place particulière pour des collaborations avec des écoles de commerces ?
 
Effectivement, nous avons au sein du Groupe une personne qui gère les relations Écoles. Au siège, 9 à 10 % des effectifs sont en stage ou apprentissage. Toutefois, nous privilégions peu d’écoles du fait de notre faible volume de recrutements. Nos managers sont d’ailleurs très exigeants, notamment au sujet des diplômes. Nous participons à dix Forums École-Entreprise par an au maximum, en choisissant souvent les meilleures écoles.
 
Quels sont les atouts essentiels que l’ESG MS t’a apportés ?
 
Les RH n’est pas la filière de prédilection des diplômés d’écoles de commerce. Pour autant, je ne regrette pas du tout d’avoir fait une école de commerce pour travailler dans le domaine des Ressources Humaines. Dans mon travail quotidien, cela me semble essentiel de comprendre la finance, le marketing ou la communication, tous ces métiers support que je côtoie quotidiennement. Cette connaissance assez complète de l’entreprise n’est pas à accessible à tout le monde. Un RH qui vient de la filière droit social est peut-être moins sensible à ces éléments-là. Une distance peut se créer dans ses relations avec les managers pour lesquels il recrute, s’ils n’ont pas les mêmes objectifs. J’ai choisi de faire des RH, mais avant tout, j’ai choisi de rejoindre le monde de l’entreprise. Au sein de Bel, je m’intéresse à des sujets autres que les RH : la stratégie de nos marques, nos innovations, notre santé financière… Bref, j’aime le monde de l’entreprise et j’aime faire partie d’un projet qui avance.
Plus spécifiquement, j’ai suivi un programme généraliste pendant trois ans et j’ai ensuite opté pour une spécialisation RH : une bonne spécialisation avec des supers profs. J’y ai appris des choses très concrètes que j’utilise au quotidien dans mon travail. Cette spécialisation RH m’a apporté beaucoup d’atouts et même quelques avantages, par rapport à des collègues, également issus d’écoles de commerce, mais qui n’ont pas fait d’option RH. C’est vraiment dommage que cette spécialisation n’est plus proposée aujourd’hui.
Enfin, la formation à l’ESG Management School est globalement une bonne formation. Certes, il y a des dysfonctionnements : tous les éléments ne sont pas au même niveau, mais il a y des professeurs incroyables, des cours passionnants et utiles. Aujourd’hui, si je devais recommander une formation à quelqu’un qui cherche à intégrer une école de commerce post-Bac, je recommanderai l’ESG Management School sans hésiter. L’école doit encore grandir : davantage responsabiliser ses étudiants, mieux les accompagner et leur faire comprendre qu’à un moment donné, pour réussir, il faut donner du sien.

 
« Aujourd’hui, si je devais recommander une formation à quelqu’un qui cherche à intégrer une école de commerce post-Bac, je recommanderai l’ESG Management School sans hésiter. »
 
Quel a été ton professeur préféré de tout parcours à l’ESG MS ?
 
J’ai envie de citer toute une liste, en commençant par Madame Pasturel qui est tout simplement géniale et qui est, pour moi, pilier de l’École, et Monsieur Encel, qui lui est plutôt l’image de l’École. J’ai beaucoup apprécié les cours d’anglais d’Annie Gaillard qui m’ont permis de maintenir le niveau de la langue que j’adore. Je crois que ma prof préférée, mais je n’ai jamais osé le lui dire, c’est Julie Abitbol : elle est claire, pédagogue, sympa et tellement belle ! Et en dernière année, Madame Antunes, qui a donné toute la dimension à cette spécialisation RH. L’un des points forts de l’ESG, c’est l’équilibre entre la théorie et la pratique, grâce notamment aux interventions de professionnels. J’ai beaucoup apprécié celle en Conduite du changement d’Antoine Lepinteur, qui est DRH chez Faurecia.
 
As-tu gardé contact avec certains étudiants de l’ESG MS ?

J’ai fait partie d’une association qui s’appelait « ESG Conseils Services », junior entreprise de l’École. Cette expérience m’a fait grandir à une vitesse incroyable, m’a permis d’avancer dans mon projet professionnel et de décrocher des stages pertinents. Mais avant tout, il s’agissait d’une véritable aventure humaine, au cours de laquelle j’ai rencontré mes meilleurs amis, que je vois toujours très régulièrement. Comme je suis provinciale, j’ai été heureuse de retrouver à l’École ce sentiment de famille dont j’avais besoin. J’aimerais d’ailleurs participer à une soirée avec ma promo et revoir des gens que l’on ne pense pas à contacter spontanément.

ESG MS Alumni se chargera d’en organiser une. Quelles sont d’après toi les autres missions primordiales d’une association de diplômés ?

L’association devrait faciliter l’intégration professionnelle des étudiants. J’aimerais pouvoir m’investir pour les accompagner dans la construction de leurs projets professionnels, leur apporter du conseil. Dans l’immédiat, mon emploi du temps le rend difficile. En tout cas, je pense que ce type d’actions est plus efficace et plus pertinent que les démarches individuelles via le réseau d’anciens, qui consistent à envoyer un e-mail avec son CV pour intégrer une entreprise sous le seul prétexte que l’on vient de la même École. Pour moi, cela n’est pas aussi simple que ça.

Quels conseils souhaites-tu donner à nos étudiants ?
 
Définissez votre projet le plus vite possible. Mettez le maximum de points de votre côté, en commençant les stages au plus tôt et en choisissant les plus pertinents. Plutôt que de se laisser tenter par de jolis salaires ou de se disperser en choisissant la facilité, visez un projet cohérent. Posez-vous les bonnes questions et avancez avec des objectifs bien définis. Et si vous ne savez pas du tout ce que vous voulez faire, faites des choix stratégiques. Je le dis en connaissance de cause. J’ai fait dans mon parcours des choix stratégiques, et d’autres qui ne l’ont pas été. Par exemple, j’ai travaillé deux étés de suite dans une agence immobilière. J’ai trouvé ça super mais cela ne m’a pas servi pour construire mon parcours en RH. À un moment donné, j’ai enlevé cette expérience de mon CV pour gagner en cohérence. C’est grâce à mon premier stage, dans un cabinet de recrutement, et à mon expérience à la junior entreprise, que j’ai réussi à vendre mon parcours pour décrocher un autre stage de qualité. Celui qui a tout changé, c’est mon stage de quatrième année chez HSBC. Par ailleurs, je n’étais peut-être pas la meilleure candidate, mais j’ai aussi été prise parce que j’ai voulu y consacrer 8 mois, vacances comprises. Cette disponibilité a fait la différence avec les autres candidats qui ne souhaitaient effectuer qu’un stage de 6 mois, durée obligatoire pour valider leur année.
 
« Posez-vous les bonnes questions et avancez avec des objectifs bien définis. Et si vous ne savez pas du tout ce que vous voulez faire, faites des choix stratégiques. »
 
Pour terminer, comment décrirais-tu ton cursus à l'ESG MS en trois mots ?
 
Tout s’est joué à l’ESG. Aujourd’hui, j’ai un très bon poste dans une super boîte, que je n’aurais pas eu sans cette formation, même s’il faut toujours y mettre du sien ! J’y ai énormément grandi, j’ai pu partir en Australie vivre une expérience internationale, j’ai rencontré des personnes qui font partie de ma vie, j’ai fait des stages formateurs… et je n’ai aucun regret.
 
L’ESG en trois mots, c’est donc pour moi : rencontres, ouverture et avenir.

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